S’inspirer d’une personne que l’on connaît pour créer un personnage est un exercice périlleux. Pour plusieurs raisons distinctes et toutes valables. Cependant, je n’arrive pas à m’empêcher de prendre les gens de mon entourage comme modèles. Ils sont si réels, si authentiques qu’ils font les personnages les plus crédibles. Et c’est ce que je recherche, la crédibilité. Qui veut croire à des figures aux visages inconnus? Personne.

Moi même, je n’y crois pas

C’est parce que je suis un lecteur invétéré que je cherche à convaincre mes lecteurs. J’ai trop souvent fait l’expérience de personnages qui ne laissent aucune trace, qui n’ont aucun impact. Ces caractères qui ne peuvent vivre que dans des fictions. Or, personne ne veut lire une fiction lorsqu’il lit un livre. Tout le monde veut y croire, tout le monde veut pénétrer l’histoire comme il entre dans une chambre pour dormir et rêver.

Est-ce qu’ils se reconnaissent?

Je me demande si mon entourage se reconnaît dans mes récits. Je veux dire par là, est-ce qu’en lisant mes histoires, ils se disent: « Le salaud, c’est moi qu’il décrit ». Jusqu’à présent, personne n’est venu me voir pour me reprocher d’apparaître dans mes romans. D’ailleurs, personne n’est venu me voir pour me dire qu’il s’est reconnu. C’est une question que je me pose à chaque ligne que j’écris, à chaque fois que j’implique une connaissance dans ma folie.

Alors j’essaie de me mettre à leur place, d’imaginer ce que je pourrais ressentir en comprenant que je suis caricaturé. J’imagine que je serais d’abord flatté. Puis vexé. Car mes défauts seraient mis à nus. Non pas que je n’en suis pas conscient, non. Mais plutôt que tout le monde s’accorderait à dire que je suis de telle ou telle façon. Et qu’ils se joueraient tous de moi. J’avoue que cela relève de la psychanalyse profonde. Mais je sais que ces problèmes nous concernent en tous alors je n’en rougis pas.

Dans ce nouveau roman, il y aura de vous

Je l’annonce, dans ce nouveau roman, il y aura de vous. Vous le saurez dès les premières lignes, dès les premiers mots. A vrai dire, vous le saurez en lisant la quatrième de couverture. J’espère que vous comprendrez que je n’ai pas voulu vous blesser. Surtout, j’espère que vous comprendrez que je resterai moi-même toute ma vie. Et que jamais je ne changerai pour plaire ou arranger. Vous me connaissez, je ne subis pas.

Guillaume Duhan

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août 3, 2017

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