En débutant l’écriture, on se demande toujours quels vont être les premiers mots. C’est souvent le cas pour les écrivains débutant leur premier roman. Dans cet article, je vous donnais des conseils pour écrire votre premier roman mais aujourd’hui j’ai décidé de vous donner des exemples. Voici donc 4 débuts de romans inspirants.

4 débuts de romans inspirants

4. Sur la Route de Jack Kerouac

J’ai connu Dean peu de temps après qu’on ait rompu ma femme et moi. J’étais à peine remis d’une grave maladie dont je n’ai rien à dire sinon qu’elle n’a pas été étrangère à cette lamentable et déprimante rupture, à mon impression que tout était foutu. Avec l’arrivée de Dean Moriarty commença le chapitre de ma vie qu’on pourrait baptiser K ma vie sur la route ».

Vous le savez, Sur la Route est un de mes romans favoris. Pour ne pas dire MON favori. C’est un début plutôt soft mais qui nous plonge bien dans la narration. La fin de sa relation est le début du roman, en quelques sortes. A méditer.

3. Le Horla de Maupassant

8 mai. – Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout entière. J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même.

C’est un classique à lire absolument. Voici un incipit assez bien construit, directement dans le ton du narrateur et enjoué. Commencer par une simple conversation peut-être une bonne idée de début de roman.

2. American Psycho de Brett Easton Ellis

ABANDONNE TOUT ESPOIR, TOI QUI PÉNÈTRES ICI peut-on lire, barbouillé en lettres de sang au flanc de la Chemical Bank, presque au coin de la Onzième Rue et de la Première Avenue, en caractères assez grands pour être lisibles du fond du taxi qui se faufile dans la circulation au sortir de Wall Street, et à l’instant où Timothy Price remarque l’inscription un bus s’arrête et l’affiche des Misérables collée à son flanc lui bouche la vue mais cela ne semble pas contrarier Price, qui a vingt-six ans et travaille chez Pierce & Pierce, car il promet cinq dollars au chauffeur s’il monte le son de la radio, qui passe Be My Baby sur WYNN, et le chauffeur, un Noir, un étranger, obtempère.

Excellent. Tout simplement excellent selon moi. Dès les premiers mots, l’ambiance est posée. Ce roman est magistral.

1. Voyage au bout de la nuit de L.F. Céline

Ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. C’est Arthur Ganate qui m’a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. C’était après le déjeuner. Il veut me parler. Je l’écoute. « Restons pas dehors ! qu’il me dit. Rentrons ! » Je rentre avec lui. Voilà. « Cette terrasse, qu’il commence, c’est pour les œufs à la coque ! Viens par ici ! » Alors, on remarque encore qu’il n’y avait personne dans les rues, à cause de la chaleur ; pas de voitures, rien.

La base. Un début que j’ai souvent copié tant il m’a inspiré. Je l’avoue enfin, des années après la publication de mes romans. Il y a un début à tout.

Guillaume Duhan

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mai 26, 2017

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